Brûlures d’estomac : les 10 erreurs à éviter

Brûlures d’estomac : les 10 erreurs à éviter

Par Sylvie Delllus Dr Martine Cotinat, gastro-entérologue, auteure de "Soignez le reflux naturellement" (éd. Thierry Souccar)

Tour d’horizon des erreurs les plus fréquentes quand on souffre de brûlures d’estomac.

 

Erreur n°1 : manger trop gras et trop copieux, surtout le soir

L’estomac a du mal à assimiler les fritures et les plats en sauce. Cet effort supplémentaire ralentit sa vidange, c’est-à-dire le passage des aliments digérés dans l’intestin. Pour éviter le reflux, il vaut mieux manger léger, surtout le soir. Aller se coucher l’estomac plein n’est pas une bonne idée, d’autant que la position allongée favorise les remontées acides.

 

Erreur n°2 : consommer des aliments acides en excès

Les estomacs et les œsophages sensibles résistent moins bien aux aliments acides comme le vinaigre, les oranges ou les tomates. Pour assaisonner une salade, on peut remplacer le vinaigre par du citron, mieux toléré en cas de reflux, le temps que la muqueuse de l’œsophage redevienne plus résistante.

 

Erreur n°3 : boire trop de café et de boissons gazeuses

Limiter sa consommation de café (pas plus de trois à quatre tasses par jour), agressif pour les muqueuses digestives, est l’une des premières préconisations du Dr Cotinat, gastro-entérologue. Les sodas et les eaux minérales gazeuses augmentent la pression dans l’estomac, ce qui favorise la tendance au reflux. À éviter !

 

Erreur n°4 : avaler sans mastiquer

Prendre le temps de mâcher chaque bouchée est primordial. Lorsqu’on mastique, on produit plus de salive : celle-ci contient des substances qui vont faciliter le broyage des aliments et compenser un excès d’acidité.

 

Erreur n°5 : négliger les légumes

« Plus on en consomme, plus on est protégé, assure le Dr Cotinat. Il faut manger des légumes de toutes les couleurs pour en tirer un maximum de vitamines et minéraux antioxydants ». Autant de défenses naturelles qui aident à lutter contre l’inflammation de l’œsophage et de l’estomac.

 

Erreur n°6 : faire l’impasse sur les fruits

Aussi importants que les légumes pour leurs vertus antioxydantes, les fruits sont parfois plus difficiles à digérer et peuvent engendrer des ballonnements. Le Dr Cotinat recommande d’en consommer deux par jour, « de préférence en dehors des repas » pour éviter d’augmenter la pression dans l’estomac.

 

Erreur n°7 : trop de liquide le soir

Lorsqu’on souffre de l’estomac, il vaut mieux éviter d’en consommer trop, surtout le soir. « L’excès de liquide augmente la pression intragastrique », dit le Dr Cotinat.

 

Erreur n°8 : se laisser dominer par le stress

Selon le Dr Cotinat, « le stress est une des causes majeures de reflux » puisqu’il stimule la production d’acidité. Il augmente aussi la sensibilité à la douleur et aux brûlures en particulier. Calmer son estomac passe donc par une gestion du stress. Relaxation, yoga, sophrologie... Tout est bon !

 

Erreur n°9 : faire du sport après le repas

Se lancer, l’estomac plein, dans une activité sportive risque fort d’aggraver la sensation d’aigreur. « Il vaut mieux attendre deux ou trois heures », dit le Dr Cotinat.

 

Erreur n°10 : abuser des médicaments anti-acidité

On trouve en pharmacie des produits en automédication destinés à réduire l’acidité : des alginates (Gaviscon, Gavisconell...), du citrate de betaïne, ou des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) comme Mopralpro ou Pantozol. « En automédication, ces IPP peuvent être utilisés en cas de crise, mais pris de manière chronique, des effets secondaires risquent de survenir. Des études suggèrent qu’ils pourraient déséquilibrer la flore digestive », souligne le Dr Cotinat.

En dépannage, elle préconise une demi à une cuillerée à café de bicarbonate de soude diluée dans un verre d’eau. On peut aussi recourir au lithotamne (une algue basifiante), à l’aloe vera ou à la réglisse. Ces produits naturels vendus sous forme de comprimés, de gel ou de liquide peuvent se prendre en cure d’un mois. « En l’absence d’amélioration rapide, un avis médical s’impose », insiste le Dr Cotinat.