Mononucléose : plus fréquente qu'on ne croit

Mononucléose : plus fréquente qu'on ne croit

Par Ingrid Bernard

Parfois difficile à reconnaître, on fait le point sur les symptômes avec le Dr Christine Cheung, médecin généraliste à Vence (06).
 

Repérer une mononucléose n’est pas toujours facile. La raison ? Les symptômes sont divers et passent parfois inaperçus. «Certaines personnes déclarent une angine, d’autres ont des ganglions ou perdent l’appétit, d’autres encore présentent de gros signes de fatigue», explique le Dr Christine Cheung, généraliste à Vence (06). En cas de suspicion, un bilan sanguin avec un MNI-test peut être demandé par le médecin pour confirmer le diagnostic. Mais, dans 80 % des cas, l’infection ne déclenche pas ou très peu de symptômes

 

La maladie du baiser, mais pas que...

On attrape le plus fréquemment la mononucléose lors d’un échange de salive. Mais des postillons ou des éternuements suffisent pour être contaminé. Il est donc important de prendre un certain nombre de précautions lorsqu’on a attrapé le virus : «Se laver les mains régulièrement et soigneusement, éternuer dans son coude plutôt que dans ses mains, laver les jouets et les objets que l’enfant a touchés ou sucés, ou encore ne pas partager les couverts», recommande le médecin. La période d’incubation s’élève à un mois.

 

90 % des plus de 40 ans en contact avec le virus

À l’âge de 5 ans, pas moins de 50 % des individus sont porteurs du virus Epstein-Barr (EBV). Et à 40 ans, les statistiques atteignent 90 %. «La plupart des gens sont immunisés contre la mononucléose sans même le savoir, affirme ainsi le Dr Christine Cheung. Il suffit d’être en contact avec le virus pour développer des anticorps, mais pas forcément les symptômes de la maladie.» À noter : la mononucléose ne présente pas de risque pour le fœtus si elle touche une femme enceinte.

 

Plus facile d’y penser chez les enfants

La mononucléose infectieuse est une maladie fréquente, que l’on peut attraper à tout âge. Mais on l’évoque plus chez les enfants et les adolescents, simplement parce qu’elle touche davantage les jeunes. «Chez les adultes, face à des signes infectieux et à une très grande fatigue, on a tendance à envisager des maladies plus graves», souligne notre experte.

Pas d’inquiétude toutefois : «Contrairement à des maladies comme la rougeole ou la varicelle, il n’est pas plus alarmant d’attraper la mononucléose à l’âge adulte. Les symptômes sont les mêmes, et pas forcément accentués» précise-t-elle. Mais la récupération peut être plus longue.

La convalescence est parfois longue. Elle peut durer un mois, voire deux dans certains cas.